Retraite : les réponses à vos questions

Pour préparer sa retraite, il n’y a pas d’âge mais pour s’inscrire dans cette démarche, le plus tôt est le mieux.

 

A quel âge peut-on vraiment partir ?

En principe, à 62 ans, mais cet âge n’est que théorique… Si l’on écarte d’emblée certaines situations particulières (longue carrière, personne handicapée ou personne qui s’inscrit dans un dispositif de pénibilité, par exemple) qui permettent le plus souvent une retraite anticipée dès 60 ans, l’âge légal de départ pour toutes les personnes nées en 1955 ou après doit aujourd’hui s’interpréter davantage comme un seuil à franchir que comme une autorisation de départ. La principale raison tient au fait qu’il n’est pas évident d’obtenir à 62 ans le taux plein. Une personne née en 1955, 1956 ou 1957 doit par exemple réunir 166 trimestres cotisés ou réputés comme tels : elle doit donc avoir travaillé plus de 41 ans sans discontinuer ou presque, ce qui revient à être entré dans la vie professionnelle à l’âge de… 20 ans ! Ce « challenge » est encore plus difficile pour les générations suivantes, puisque le nombre de trimestres nécessaires grimpe jusqu’à 172 pour les natifs de 1973 ! Rien d’étonnant donc à ce que l’âge de départ effectif à la retraite d’un salarié soit d’ores et déjà de 63,3 ans, hors départs pour retraite anticipée (CNAV 2015) !

Le taux plein donne-t-il toujours droit à une retraite optimale ?

Le taux plein, qui est égal à 50 % du salaire annuel moyen (SAM), correspond, c’est vrai, au taux de calcul maximum de la pension de base des salariés du commerce, des services ou de l’industrie et des contractuels de la fonction publique (tous affiliés à la CNAV), des salariés et des non-salariés du secteur agricole (affiliés à la MSA) et des indépendants ou des chefs d’entreprise (affiliés au RSI). Il est atteint au mieux à l’âge légal, si la personne a engrangé le nombre de trimestres requis pour sa génération, ou plus tard, ou à 67 ans (âge dit d’annulation de la décote) de façon automatique. Mais contrairement à une idée reçue, le taux plein n’est pas le Graal de la retraite, car il ne fait pas tout. Outre le salaire annuel moyen retenu à hauteur du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 38.616 euros pour 2016, il y a aussi, et surtout, la durée d’assurance de chacun qui entre en ligne de compte.

La formule de calcul de la pension de base est la suivante :

SAM × taux × trimestres acquis/trimestres requis.

Une personne qui liquide à taux plein et à 62 ans pourra ainsi se prévaloir d’une pension de base annuelle au plus égale à 1.609 euros par mois (38.616 euros × 50 % × 1), hors majoration éventuelle (10 % pour 3 enfants ou plus par exemple). Mais une personne qui attend 67 ans pour bénéficier du taux plein car sa durée d’assurance est loin du nombre de trimestres exigés pour sa génération, n’aura pas cette chance… Pourquoi ? Parce que sa durée d’assurance sera proratisée, ce qui abaissera inévitablement sa pension de base.

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Partir avant le taux plein, est-ce pénalisant ?

Oui, car même si l’on atteint l’âge légal, le taux de calcul de la pension de base est minoré par le jeu d’une décote (-0,625 par trimestre manquant, dans la limite de 20 trimestres) et les pensions Arrco et Agirc le sont également, par le biais d’un coefficient dit « d’anticipation ». Ce dernier est fonction soit du nombre de trimestres manquants pour le taux plein dans le régime de base, soit des années restant à courir avant l’âge du taux plein automatique : il est d’autant plus pénalisant que les retraites complémentaires représentent la majeure partie de la retraite globale d’un cadre.

Partir après le taux plein, est-ce intéressant ?

Oui, dans la mesure où aucun cumul emploi-retraite n’est envisagé. Ce départ volontairement retardé une fois atteint l’âge légal et le taux plein permet de majorer le montant de la pension de base de +1,25 % par trimestre calendaire cotisé. D’ailleurs cotiser 4 trimestres de plus permettra, à l’avenir, d’échapper au malus de 10 % sur les retraites complémentaires Arrco et Agirc. Et cotiser 8, 12 ou 16 trimestres de plus que la date de son taux plein permettra d’engranger durant un an un bonus de 10 %, 20 % ou 30 % respectivement sur ces mêmes retraites complémentaires. Dans le même temps, poursuivre son activité professionnelle au-delà du taux plein permet aussi d’accumuler des points en plus dans les régimes complémentaires Arrco et Agirc, donc d’obtenir, de façon viagère, des pensions plus élevées. Enfin, lorsqu’on est à l’acmé de ses revenus et que cela n’a pas toujours été le cas au cours de sa carrière, sous réserve de travailler au moins une année civile de plus, la stratégie de la surcote peut rehausser sensiblement le montant du SAM (reflet des 25 meilleures années de la carrière), ce qui n’est pas négligeable.

Vaut-il mieux surcoter ou travailler à nouveau ?

Il est possible de retravailler après avoir fait liquider ses droits à la retraite, sans formalisme excessif et sous quelque forme que ce soit (indépendant, salarié…). Lorsque la retraite de base est liquidée à taux plein, le cumul emploi-retraite est illimité : il n’y a aucun plafond pour les nouveaux revenus. Lorsque ce n’est pas le cas où lorsque l’on a fait valoir une longue carrière, les nouveaux revenus sont plafonnés à 160 % du SMIC ou à la moyenne des trois derniers mois de salaire. Pour Emmanuel Grimaud, président-fondateur de Maximis Retraite, « la surcote n’est pas suffisamment incitative puisqu’elle ne concerne que la retraite de base et non les complémentaires ». Résultat : le cumul est souvent préférable.

Une étude personnalisée vous permettra d’opter pour les bonnes solutions.

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Anthony BIORET

Anthony Bioret - Conseiller en gestion de patrimoine

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