Réformes des retraites : les préconisations du comité de suivi

Depuis les années 2000, notre système de retraite souffre de la dégradation du ratio cotisants/retraités due au papy-boom et à l’allongement de la durée de vie.

A cela, sont venus s’ajouter le ralentissement de la croissance et la faible progression de la masse salariale, conséquences directes de la crise économique et financière de 2008. La question du choc démographique avait pourtant été soulevée dès 1991 et les gouvernements successifs avaient pris des mesures afin de prévenir un éventuel déficit du système de retraite et, le cas échéant, de parvenir à l’équilibre : allongement de la durée de cotisation, indexation des pensions sur les prix, augmentation de l’âge de départ à la retraite… Jugées insuffisantes, la dernière réforme en date, celle de 2014, dite « Loi garantissant l’avenir et la justice du système de retraites », comportait à son tour des dispositions du même ordre (hausse des cotisations vieillesse sur la période 2014-2017, report de la date de revalorisation, allongement de la durée de cotisation…), mais ses effets positifs sur le solde des régimes de retraite ont été contrebalancés par l’assouplissement des conditions d’accès à la retraite anticipée pour ceux qui ont commencé à travailler tôt. Au final, la loi de 2014 a eu pour conséquence d’accroitre les dépenses liées aux dispositifs carrières longues qui atteignaient déjà 25 millions d’euros en 2012 pour la seule CNAV et devraient culminer à 1,277 milliards pour 2017.

Face à la dégradation de la situation financière des régimes de retraite, le Comité de suivi des retraites – mis en place par la réforme des retraites de 2014 – et le Sénat ont fait connaître leurs préconisations les 13 et 15 juillet dernier :

– Age légal porter à 64 ans

Dès lors, il propose le recul de l’âge légal de départ en retraite de 5 mois chaque année au-delà de 2017 et ce jusqu’en 2024 (62 ans et 5 mois en 2018, 62 ans et 10 mois en 2019…). A cette date, les générations nées en 1960 et après devront attendre 64 ans pour pouvoir partir à la retraite et 69 ans pour bénéficier automatiquement du taux plein.

– Négociation AGIRC/ARRCO

L’ARRCO et l’AGIRC ont marqué l’actualité de ces derniers mois du fait de l’épuisement de leurs réserves prévues dès 2018. Dans son rapport, le Sénat reprend les préconisations de la Cour des comptes et juge nécessaire le report de l’âge de départ en retraite, sans quoi les partenaires sociaux seraient contraints de réduire d’au moins 9 % le pouvoir d’achat des pensionnés en 2021 par rapport à 2013, ou d’augmenter les taux de cotisation d’au moins 1 point. Selon le Comité de suivi des retraites, en l’absence de réforme, le déficit de ces régimes complémentaires pèserait lourdement dans le déficit des retraites à horizon 2020.

– Autres pistes de réflexion

Par ailleurs, le Comité de suivi estime que notre système de retraite assure un taux de remplacement et un niveau de vie satisfaisants. Il propose toutefois de réfléchir à d’autres modes d’indexation des pensions et des salaires portés au compte, afin que les régimes de retraite soient moins dépendants de la croissance. En outre, bien que les écarts de pensions entre hommes et femmes se réduisent, il faudrait selon lui, renforcer les politiques d’égalité professionnelle en mettant l’accent sur des droits familiaux de retraite en faveur des femmes.

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Anthony BIORET

Anthony Bioret - Conseiller en gestion de patrimoine

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