Evolution des marchés financiers en Mars

Les marchés actions ont poursuivi leur rebond au mois de mars, et plus particulièrement sur les marchés actions US :

Man with Chart

Le mois de mars à poursuivi sa hausse jusqu’à la mi-mars suite à :

  • Un rebond technique notamment du secteur parapétrolier.
  • Les nouvelles mesures de la BCE : baisse des taux de refinancement et de dépôt, augmentation des achats d’actifs mensuels (80 Md€), possibilité de racheter des obligations d’entreprises notées investment grade et nouveaux TLTRO constituent un paquet destiné à stimuler l’activité dans la zone euro en luttant efficacement contre la fragmentation de son financement.
  • Le discours accommodant du gouverneur de la Banque centrale chinoise en marge du G20 a rassuré les investisseurs lorsqu’il a annoncé une baisse d’un demi-point du taux de réserves obligatoires des banques à 17%, soit la cinquième réduction du taux de réserve depuis le début de l’année 2015, mais la première depuis quatre mois.
  • La publication de résultats solides de certains secteurs européens (défense, construction, media et telecom).

 

L’action forte de la BCE a permis d’assurer une certaine visibilité monétaire et financière à la zone euro mais Il est toutefois encore trop tôt pour crier victoire pour les investisseurs. En effet, la sphère des risques économiques (ralentissement mondial, qualité de publication des entreprises américaines) coïncide avec une autre sphère : celle des risques systémiques (dépréciation surprise du yuan, Brexit et situation géopolitique au Proche-Orient).

En effet, la Chine engendre chez les investisseurs la principale source d’inquiétude. Elle pourrait déstabiliser la planète économique si la fuite des capitaux se poursuivait ou si sa monnaie devait être dépréciée de manière incontrôlée. Le scénario de récession mondiale n’est pourtant plus à l’ordre du jour car, même si la croissance mondiale ralentit, elle devrait s’établir à 2,5%, 3% cette année. Les marchés devraient toutefois continuer de se focaliser sur le risque chinois et sur le référendum britannique au sujet du Brexit.

Pourtant, les indices industriels ont donné de bonnes raisons de croire à la robustesse de la croissance américaine. Malgré cela, la Fed a envoyé lors de sa dernière réunion un message de prudence en repoussant sa hausse des taux portant l’euro à un niveau de 1,13 contre dollar. Les marchés actions européens ont d’ailleurs accusé le coup servant une fois de plus de victimes expiatoires alors que la croissance de la zone euro continue d’infirmer les thèses les plus pessimistes et les plus farfelues. Les annonces de la BCE auront donc pour l’instant plus profité au marché du crédit corporate qu’aux marchés actions. Normalement, la baisse de la prime de risque devrait se propager aux actions si les bénéfices des entreprises ne sont pas massivement révisés en baisse. Cela pourrait prendre encore plusieurs mois.

Sans publication macro-économique majeure et sans nouvel élan de la part des banques centrales, les marchés vont désormais attendre les publications trimestrielles des entreprises (à compter de ce mois d’avril) pour prendre une nouvelle direction. Pour l’instant, ils doivent digérer le rebond réalisé sur les points bas de février.

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